violon du diable

 

Faire une virée à deux
tous les deux sur les chemins
dans ton automobile
tous les deux on sera bien
et dans le ciel il y aura des étoiles
et du soleil quand on mettra les voiles

s´en aller tous les deux
dans le sud de l´Italie
et voir la vie en bleue
tout jouer sur un pari
toute la nuit danser le calypso
dans un dancing avec vue sur l´Arno

au milieu de la nuit
en catimini
E va la nove va la douce vie
on s´en ira toute la nuit danser le calypso en Italie
et boire allegretto ma non troppo
du campari quand Pari est à l´eau

Ou pas! Car, oui, pour ce premier volume de la Trilogie dite de Diogène, Preston et Child délocalisent une bonne partie de leurs enquêtes teintées de surnaturel en Italie, et plus précisément à Florence, et franchement ce dépaysement est rafraichissant.

Bon, on ne va pas se mentir, c’est dur Pendergast pur et donc j’ai adoré retrouver cet énigmatique animal à sang froid, mais ( punaise! y a un mais!!!), mais je disais, malgré un départ sur les chapeaux de roue, certains aspect de cet opus me paraissent moins aboutis que d’habitude.

Pas de souci majeur du côté de l’intrigue principale: cette histoire de victimes à la Faust, la quête du Stradivarius ultime, les déboires de nos héros prisonniers d’une lugubre citadelle Toscane, le thriller tient toutes les promesses du genre. Ce qui m’a gênée, ce sont les à-côtés ( dont j’ai désespérément attendu qu’ils se raccrochent quelque part): l’ambitieux journaliste  Harryman et ses articles sur les adeptes de l’Apocalypse, l’affaire des missiles pour le compte des Chinois … ma foi…

Ce qui en revanche a fait frétiller ma nature fleur bleue, ce sont les amours naissantes de Pendergast pour une mystérieuse îlienne qu’il a promis de combler ( en lui rendant son violon, on se calme les filles) et celles de Vincent D’agosta avec la pétillante Laura Hayward ( parce que non, franchement ce bon vieux Vince ne méritait pas de se faire jeter par sa conne d’ex-femme): affaires à suivre, donc….

Enfin, il y a la fin: quelle fin! Juste parfaite:  un cliffhanger d’anthologie!

Je recommande donc, et passe à Danse de Mort, la suite, au plus vite.

Le Pitch:

Qui, sinon le Malin, a tué Jeremy Grove, le critique d’art dont le corps calciné a été retrouvé dans le grenier de sa demeure… fermé de l’intérieur ? Une chaleur suffocante, une insoutenable odeur de soufre et, surtout, reconnaissable entre toutes, cette empreinte de pied fourchu…
Le violon du diable…
Lorsqu’un deuxième cas tout aussi mystérieux de combustion spontanée est signalé, le doute n’est plus permis. Sauf pour l’inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI, qui ne peut accepter cette hypothèse effrayante.
Ses accords ressemblent à un cri d’effroi…
Des villas luxueuses de Long Island aux châteaux hantés de Toscane, Pendergast, épaulé par le sergent D’Agosta, son partenaire de Relic (Laffont, 1996), se lance sur les traces d’un démon de chair et de sang, puisque mélomane.
… et Pendergast pourrait en être la prochaine victime !
Des meurtres inexplicables… Un Stradivarius aux pouvoirs maléfiques… Une conspiration remontant à la Renaissance… Avec Le Violon du diable, les maîtres du thriller d’aventures ont frappé un grand coup !

Les premières lignes:

Agnès Torres rangea sa petite Ford Escort blanche sur l’esplanade aménagée derrière la haie et fut accueillie à sa descente de voiture par l’air frais du matin. La haie, haute de plus de trois mètres, était aussi impénétrable qu’un mur de brique et c’est tout juste si Agnès apercevait le toit de la grande maison depuis la rue, mais la rumeur des vagues et la forte odeur d’iode étaient là pour lui rappeler la présence de l’océan, tout proche.

Agnès verrouilla soigneusement son auto. On n’est jamais trop prudent, même dans un quartier comme celui-ci. Puis elle sortit de son sac un trousseau de clés et glissa la plus imposante dans la serrure de la lourde grille barrant l’entrée de la propriété. Le battant métallique s’entrouvrit sur une vaste pelouse, flanquée de dunes, descendant en pente douce vers la plage. Elle avait à peine franchi le portail qu’une diode lumineuse rouge se mit à clignoter furieusement. Agnès se précipita sur le boîtier installé à l’entrée du jardin et composa le code d’un doigt nerveux. Elle disposait tout juste de trente secondes avant que l’alarme ne se mette en route. Un jour où elle avait laissé tomber son trousseau de clés, elle n’avait pu composer le code assez vite et la sirène s’était déclenchée, réveillant tout le quartier et ameutant trois voitures de police. Elle n’avait jamais vu M. Jeremy aussi enragé que ce matin-là, il lui avait fait une scène épouvantable.

La diode vira au vert et Agnès referma la grille derrière elle avec un soupir de soulagement, puis elle se signa et sortit de son sac un chapelet dont elle caressa respectueusement le premier grain. Prête à affronter son lot quotidien, elle traversa la pelouse sur ses jambes courtaudes tout en récitant une litanie de « Notre Père » et de « Je vous salue Marie » en espagnol. Pour rien au monde Agnès Torres n’aurait oublié de dire une dizaine de prières avant de pénétrer chez M. Grove.

Au fil des pages:

Le sergent contourna la pelouse, soucieux de ne pas gêner les types du labo. Derrière une haie, accroupi devant une petite mare, il remarqua un type à la dégaine incroyable occupé à donner du pain à une famille de canards. Avec sa chemise hawaïenne, son short trop grand et ses lunettes de soleil de plouc, il avait la panoplie du parfait peigne-cul. On avait beau être en automne, il était blanc comme un cachet d’aspirine. Si le sergent n’avait rien contre les journalistes et les photographes, il détestait les touristes qu’il considérait comme la lie de la société

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